Communiqué de presse

Renforcer les compétences des sages-femmes

Le 24 mars 2016

Un partenariat de trois ans pour une meilleure prise en charge des grossesses et des accouchements à risques en Algérie

Lancement d’une nouvelle initiative sur 3 ans pour diminuer les décès et les complications survenus au cours de la grossesse, pendant ou après l’accouchement, dans 4 sites hospitaliers de la région d’Alger et d’Oran, pour qu’à terme :

  • 557 personnels de santé soient formés aux nouvelles pratiques de l’interdisciplinarité.
  • 100% des patientes bénéficient d’un dépistage des risques obstétricaux.
  • 80% des patientes bénéficient de la consultation du 4ème mois de grossesse.
  • Près de 94 500 nouveaux nés aient une meilleure prise en charge.
  • Les violences au sein des services maternité aient diminué.

A la fin du projet, les 4 sites pilotes disposent d’un projet de service et le mettent en œuvre.


Femme et son enfant - journée mondiale de la lutte contre le cancer infantile- fondation sanofi espoir

Alger, le 24 mars 2015 Dans le cadre de du lancement du projet pilote intitulé «Renforcer les compétences des sages-femmes en Algérie», la Fédération Algérienne des Personnes Handicapées (FAPH), l’association de solidarité internationale Santé Sud et son partenaire, la Fondation Sanofi Espoir, ont tenu aujourd’hui une conférence de presse pour présenter les principaux axes d’intervention de cette nouvelle initiative, autour de la prise en charge des grossesses en Algérie.

Bien que des progrès notables aient été enregistrés ces dix dernières années, près de 600 femmes meurent chaque année au moment de l’accouchement dans ce pays qui compte 946 000 grossesses par an.

En 2014, on enregistrait une mortalité maternelle de 60,3 pour 100 000 naissances vivantes (Plan National de réduction accélérée de la mortalité maternelle 2015 - 2019, Ministère de la Santé). La diminution lente de cette incidence sur les dix dernières années fait que l’Algérie n’a pas pu complètement atteindre l’objectif qu’elle s’était fixée pour 2015, dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, de 50 décès pour 100 000 naissances vivantes.

La mortalité néonatale est de 12 pour 1 000 naissances vivantes (UNICEF 2014) et représente 60% des décès des enfants de moins de 5 ans. Chaque année, plus de 11 000 enfants décèdent avant leur 1er mois de naissance et des dizaines de milliers commencent leur vie avec un handicap lourd. Dans bien des cas, et particulièrement quand ils sont d’origine obstétricale ou périnatale (souffrance fœtale prolongée, plexus brachiaux, asphyxie du nouveau-né, grande prématurité), ces décès et lourdes complications auraient pu être évités.

Ce nouveau projet est lancé pour trois ans, afin de se donner le temps d’en mesurer les impacts. Il s’inscrit dans la suite du partenariat, mené depuis 2008, entre les trois organisations et qui avait conduit à un accord de mise en place d’une structure de prise en charge pluridisciplinaire et précoce des enfants porteurs de pathologies chroniques invalidantes, structure qui devrait voir le jour d’ici deux ans. Cette nouvelle initiative vise en priorité à réduire les taux de mortalité et morbidité maternelle et néonatale. Elle s’attachera à renforcer la qualité du suivi des grossesses et des accouchements dans les maternités, ainsi que l’amélioration de la prise en charge des nouveaux nés porteurs de pathologies invalidantes dans les services de néonatalogie de 4 sites hospitaliers des régions d’Alger et Oran :

  • Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Benni Messous à Alger
  • Le CHU de Kouba, à Alger
  • La Clinique Durando, rattachée au CHU de Bab El Oued, à Alger
  • L’Etablissement Hospitalier Universitaire (EHU) d’Oran.

Les 4 sites ont été choisis sur la base de la forte implication des chefs de service concernés à s’engager dans un processus de réforme visant à mettre au cœur de leurs pratiques l’interdisciplinarité entre tous les professionnels de la périnatalité.

Ce projet va permettre de renforcer l’enseignement de cette interdisciplinarité dans la formation initiale et continue des sages-femmes, acteurs clés de la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. Il institutionnalisera la prise en charge pluridisciplinaire des grossesses et des accouchements dans les services de maternité et de pédiatrie/néonatalogie de 4 établissements hospitaliers à Alger et Oran, avec la mise en place de projets d’établissement et de services de qualité, dont l’efficacité sera évaluée à la fin du projet.

Ce nouveau projet sur trois ans s’inscrit dans la continuité de notre engagement en Algérie, aux côtés de notre partenaire, Santé Sud, de la Fédération des personnes handicapées et des professionnels de santé, en particulier des sages-femmes, pour une meilleure prise en charge des grossesses et des accouchements à risques... Améliorer les pratiques, la qualité des soins et le travail en équipe sont essentiels pour prévenir les trop nombreux décès et complications qui sont évitables.

Xavier Darcos, Président de la Fondation Sanofi Espoir

Les professionnels nous ont interpellés dès la fin du précédent projet pour continuer le travail auprès des sages-femmes, plus seulement en termes de sensibilisation mais de formation. C’est désormais chose faite.

Dr Paul Bénos, gynécologue-obstétricien et Président de Santé Sud

Au terme de ce projet, 557 personnels de santé, répartis sur les 4 sites ciblés (CHU de Benni Messous et de Kouba, Clinique Durando, EHU d’Oran) seront formés à ces nouvelles pratiques. Au total, sur les 3 années du projet, se seront près de 94 500 nouveaux nés qui auront bénéficié d’une meilleure prise en charge, de la grossesse à l’accouchement, ainsi qu’à la prise en charge spécialisée des enfants qui seront porteurs de pathologies invalidantes.