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Premières actions de soutien aux populations déplacées en Côte d’Ivoire et au Libéria

31 mars 2011

Depuis l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, par laquelle la communauté internationale a reconnu la victoire d’Alassane Dramane Ouattara en qualité de Président de la République, la Côte d’Ivoire est en proie à la violence. Laurent Gbagbo refuse de renoncer à la présidence. Cette crise est venue aggraver une situation antérieure extrêmement fragile, plongeant le pays dans une grave crise politique et humanitaire.

©UNICEF/Asselin

Depuis quelques semaines, les combats s'intensifient entre les forces fidèles à Alassane Ouattara et celles de Laurent Gbagbo qui se battent pour conserver leurs positions à Duékoué et dans les villes de Daloa au centre-ouest et Bondoukou à l'est. Les combattants pro-Ouattara ont notamment pris le contrôle d’Abengourou, une ville située à seulement 220 km au nord-est d’Abidjan. Cette dernière, capitale économique et cœur du pouvoir du régime Gbagbo, n’a jamais été aussi menacé en quatre mois.

Selon l’ONU, cette crise postélectorale a fait déjà fait plus de 460 morts et menace de faire basculer la Côte d’Ivoire dans la guerre civile.

Alors que près d’un million de personnes ont déjà été déplacées, dont 60% de femmes et d’enfants, et que quelque 112 000 Ivoiriens se sont réfugiés au Liberia, les Nations unies se préparaient à un fort afflux de réfugiés au Ghana. Le nombre de réfugiés ne cesse d’augmenter et pourrait atteindre 150 000 d’ici la fin mai.

L'impact humanitaire de la crise politique ne cesse de s'accentuer. Plusieurs établissements de santé ont dû fermer. Des programmes de vaccination ont été suspendus et les stocks de certains médicaments essentiels et de vaccins sont déjà en rupture dans un certain nombre d'établissements de santé.

D’ici quelques semaines l’arrivée de la saison des pluies pourrait compliquer encore la situation, ralentir l’acheminement du matériel et rendre plus difficile les déplacements des populations.

Devant cette grave crise humanitaire, la Fondation Sanofi Espoir a décidé d’apporter son soutien à l’UNICEF pour mettre en place les premières actions d’assistance aux victimes de la crise en Côte d’Ivoire et au Libéria, pour une période initiale de mars à juin 2011.

L’aide apportée permettra la continuité des activités médicales qui viennent de démarrer, en se centrant notamment sur :

©UNICEF/Asselin

  • une campagne conjointe UNICEF-OMS de vaccination contre la rougeole auprès de 654 936 enfants, et la distribution de 115 bouteilles de gaz dans le Moyen Cavaly, la région des Montagnes, le Denguele-Bafing, le Worodougou et le Haut Sassandra, pour éviter la rupture de la chaîne du froid,
  • la distribution de vitamine A aux enfants du camp de déplacés de Man et de comprimés de déparasitage distribués à 204 enfants dans les camps de Danane, Man et Duekoue,
  • la distribution de 220 moustiquaires dans les camps de déplacés dans l’Ouest du pays, appuyée par des sessions de sensibilisation à leur utilisation,
  • l’organisation de sessions de sensibilisation sur les pratiques familiales essentielles pour 103 personnes et la distribution de 20 000 savons, 60 000 sachets de sel de réhydratation oral,
  • l’acheminement de médicaments essentiels dans deux des camps de déplacés d’Abidjan.

Depuis le début des hostilités, une cellule de crise a été mise en place par les équipes de sanofi-aventis et de sanofi pasteur à Abidjan, en liaison avec les équipes basées à Dakar afin d’assurer la sécurité de tous les collaborateurs. Les visiteurs médicaux qui habitent dans les “quartiers chauds”, notamment Abobo, ont dû être déplacés avec leur famille. A ce jour, les 54 employés d’Abidjan et leur famille sont tous en sécurité et personne n’a été blessé.

Côte d’Ivoire+5 - Population movements and violences

Source: United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, 23 Mars 2011