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“Ensemble pour Haïti”, 2 ans après

15 janvier 2012


Le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, a coûté la vie à plus de 220 000 personnes, affecté 3.5 millions de personnes, et détruit une grande partie des infrastructures vitales d’un pays comptant déjà parmi les plus pauvres du monde (l’indice de développement humain place le pays au 145ème rang sur 169).

©CARE - Raymond

Après la catastrophe, le nombre de personnes déplacées s’élevait à 1,5 millions. Les derniers chiffres publiés en décembre 2011 par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OI M) font état de près de 520 000 personnes vivant toujours dans des camps. Il s’agit d’une population mixte, composée en partie de personnes déjà sans abri ou mal logées avant le séisme et de familles sans solution de relogement depuis la catastrophe. La population des camps constitue l’une des populations les plus vulnérables de la zone affectée. La propriété foncière est un des grands enjeux de la reconstruction. Les difficultés de gouvernance, les élections et le temps nécessaire à la formation d’un nouveau gouvernement ont beaucoup ralenti la reconstruction et les efforts de développement.

D’un point de vue sanitaire, une épidémie de choléra a éclaté en octobre 2010 contaminant plus de 485 000 personnes. La saison des pluies a provoqué la recrudescence de la maladie. L’épidémie de choléra a rendu la situation encore plus difficile pour les populations et a fortement perturbé le déploiement de l’aide humanitaire.

Depuis la catastrophe, le défi pour l’ensemble des organisations humanitaires a été de déployer suffisamment de moyens, pour répondre à l’immensité des besoins de la population sur le plus long terme.

Sanofi, ses collaborateurs et la Fondation Sanofi Espoir se sont mobilisés au lendemain de la catastrophe en envoyant des médicaments et vaccins pour une valeur de 11 millions d’euros. 2,015 M€, dont 450 000€ de dons des collaborateurs ont également été alloués à 6 ONG partenaires (Première Urgence - Aide Médicale Internationale, Care, la Croix-Rouge, Handicap international, Médecins du Monde et l’UNICEF) pour mettre en place des actions d’urgence et de post-urgence afin d’accompagner la population vers un meilleur accès à la santé.

Deux ans après ce drame, la Fondation et ses ONG partenaires se sont réunies pour tirer les leçons de cette crise et réfléchir aux pistes d’amélioration pour que l’action de chacun soit la plus complémentaire possible dans l’intérêt des populations.

 

Logistique, reconstruction, appareillage, accompagnement psychologique et réinsertion ; Handicap International a mobilisé la plupart de ses pôles d’expertise pour venir en aide aux victimes de la catastrophe. “Handicap International souhaite poursuivre ses activités en Haïti jusqu’à ce que les personnes handicapées accèdent à leurs droits.” Patrick Senia - directeur des opérations de développement.



Aujourd’hui, la reconstruction du système de santé haïtien doit garantir un réel accès aux soins pour les plus vulnérables. Afin de construire ce système de santé, Médecins du Monde, qui a réalisé 250 000 consultations et actes chirurgicaux en 2011, soutient la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans en Haïti, premier pas vers un système de santé équitable.


La situation reste préoccupante dans les camps. En attendant de trouver des solutions de relogement, les équipes de la Croix-Rouge française ont fait le choix de rester présentes dans les camps, de poursuivre leur mission d’assistance tout en allant progressivement vers un retour à l’autonomie des populations. Il s’agit de développer leurs capacités et les services privés et publiques locaux afin d’éviter une trop grande dépendance à l’assistance humanitaire.
Tant qu’il y aura des personnes vivant dans des camps - et il en restera durant des années encore, hélas ! - ou dans les décombres d’un quartier détruit, nous ne pourrons considérer notre mission comme accomplie”, Professeur Jean-François Mattei, Président de la Croix-Rouge française.


En parallèle de ces activités d’urgence, PU-AMI a renforcé ses activités en faveur des enfants et jeunes en situation de rue menées depuis 2004. Chaque jour deux cliniques mobiles se déplacent sur les lieux de vie où se retrouvent les jeunes. Les cliniques offrent des soins de santé primaires de qualité accompagnés de sensibilisations à la santé, à la nutrition, à l’hygiène, à la planification familiale, à la santé reproductive.

 


Trop souvent exclues des programmes de reconstruction, les femmes sont centrales dans les actions de CARE, à travers des actions de sensibilisation aux violences et à la santé reproductive avec la formation de groupes communautaires, la création de centres d’accueil, et des séances de dépistage des grossesses à risque.

 

Encore trop peu parmi les 4 316 000 enfants de moins de 18 ans, bénéficient de possibilités de survie, de développement et de protection. Bien que 2012 débute avec la formation d'un nouveau gouvernement et d'un budget national longtemps attendus, les enfants restent affectés par les nombreux défis auxquels fait face le pays, fragilisé au niveau de ses infrastructures, de ses institutions et de son système social. L'UNICEF continuera alors à apporter une combinaison d'aide humanitaire et un appui au développement des capacités institutionnelles afin de relever les défis urgents et récurrents, qui empêchent la mise en œuvre des droits des enfants.