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Aujourd’hui, l’aide humanitaire n’est plus suffisante pour répondre aux crises.

La donne a changé ces dernières années, aujourd’hui la nature et l’ampleur des crises exigent une réponse plus globale et mieux coordonnée pour faire respecter les valeurs propres à toutes les civilisations.

Claus Sorensen, Conseiller Senior - Résilience, aide humanitaire et réaction en cas de crise, EPSC-Centre européen de stratégie politique

IL FAUT REPENSER L’APPROCHE HUMANITAIRE

 Nous avons enregistré, au cours des derniers mois, des records déplorables : plus de 76 millions de personnes originaires de 31 pays ont eu besoin d’une aide. Le nombre de migrants et de réfugiés - plus de 51 millions aujourd’hui - n’a jamais été aussi élevé depuis la deuxième guerre mondiale. Dans un contexte troublé par l’aggravation de la crise climatique, des migrations importantes, des conflits durables, des violations massives et systématiques des droits humains et la résurgence des fondamentalismes, les besoins d’aide humanitaire continuent de croître plus rapidement que les ressources nécessaires pour les satisfaire. Des pays descendent en enfer : les violences font rage notamment en Syrie, au Yemen, au Soudan du Sud, le Bangladesh est menacé de disparaître sous les eaux...

“ Il ne suffit plus que les humanitaires apportent leur aide comme de bons samaritains”

Claus Sorensen,

Conseiller Senior - Résilience, aide humanitaire et réaction en cas de crise, EPSC-Centre européen de stratégie politique

 Face à cette insécurité grandissante, les humanitaires doivent se remettre en question. Ils ne peuvent plus se limiter au rôle d’ambulanciers du monde voulu par Henry Dunant, le fondateur de la Croix-Rouge. Je plaide pour qu’ils parlent plus haut, fassent remonter les informations du terrain et amènent à une prise de conscience globale des dégâts humains, politiques, économiques dont ils sont les témoins. Comment rester neutre quand, dans certaines zones, le droit international humanitaire n’est plus respecté, le drapeau des Nations unies et l’emblème de la Croix-Rouge n’offrent plus de protection, privant des millions de victimes de l’aide dont elles ont besoin ? Nombre de catastrophes auraient pu être évitées si les réalités du terrain avaient été mieux connues, mieux prises en compte et traitées à temps. Ces crises mettent gravement en péril notre avenir, et l’urgence aujourd’hui consiste donc aussi à renforcer les moyens de les prévenir. Les humanitaires ont leur rôle à jouer dans l’analyse des risques et la mise en œuvre d’actions de prévention sur les zones les plus vulnérables.

 Il faut être lucide, intelligent, déterminé. Il faut aider au niveau local, agir au niveau politique, garder le moral. La seule vraie réponse aux dangers qui menacent le monde repose sur la solidarité internationale. Nous devons renforcer la coordination entre les humanitaires, les politiques au plus haut niveau, les forces locales et l’ensemble des acteurs du développement. Nous habitons tous la même planète, nous devons nous tenir la main.