Lutter contre la mortalité maternelle et néonatale

Renforcer le métier et les compétences des sages-femmes en Mongolie

A travers mon métier, je veux rendre les familles heureuses en offrant un accouchement et une naissance sains et saufs aux mères et enfants. C’est pour cette raison que j’aime mon métier et c’est cela qui me donne la fierté et la force pour travailler.

Lkhagvasuren. D, sage-femme de la maternité de l’hôpital de référence de la région d’Arkhangai

Localisation du projet Projet d’envergure nationale : Oulan Bator et les 21 régions de Mongolie.
Nom de l’association www.santesud.org
Santé Sud
  www.santesud.org
Partenaires du projet
(financier et opérationnel)
  • Le ministère de la Santé et des Sports
  • L’Association des sages-femmes de Mongolie
  • Le centre de développement de la santé
  • Le département des sages-femmes de l’Université de médecine
  • Le Centre National pour la Mère et l’Enfant (CNME)
  • Les Directions Régionales de la Santé (DRS) des 21 régions de Mongolie
  • L’Association des gynécologues obstétriciens
  • Fondation Sanofi Espoir

Description du programme

La Mongolie compte 888 sages-femmes pratiquant dans 2500 établissements de santé.

Le projet « Renforcer le métier et les compétences des sages-femmes en Mongolie » vise à réduire la mortalité maternelle et infantile et les pathologies à la naissance.


Pour cela, il est essentiel de renforcer le métier, les compétences et la formation des sages-femmes en Mongolie. Ce renforcement doit s’inscrire dans le respect des normes juridiques et académiques établies en Mongolie, afin qu’il soit pleinement pris en considération au niveau de la loi cadre des soins gynéco-obstétriques.

Ce processus d’amélioration du cadre légal de la profession de sage-femme sera capitalisé comme méthodologie de travail pluri acteurs permettant d’atteindre des résultats au plus haut niveau et d’impact national. Ce projet a été conçu avec les organisations clés attachées à cette thématique de travail qui s’impliqueront fortement dans le groupe de travail pluri acteurs, instance centrale de conduite du projet.

Les actions prévues dans ce projet sont une réponse aux besoins de renforcement de la qualité des soins à l’attention des mères et des enfants. Le renforcement des sages-femmes est un moyen déterminant pour y parvenir. Le projet prévoit pour cela la mise en place d’un effet levier puissant. En effet, le ministère de la Santé mongol assurera la prise en compte des référentiels et propositions d’amendements produits par le projet dans le cadre légal de la profession de sage-femme (loi cadre des soins gynéco-obstétriques). Il dupliquera le module de formation pour le renforcement des sages-femmes en exercice élaboré au niveau du CNME dans toutes les maternités à Oulan Bator et dans les 21 régions grâce à l’appui des Directions Régionales de Santé (DRS).

La capitalisation est fondamentale dans ce projet. La méthodologie de renforcement des sages-femmes est participative et structurée. Toutes les étapes seront capitalisées afin de bien comprendre comment passer de la situation initiale à la situation de fin de projet. Cette méthodologie se veut exemplaire, utilisable pour d’autres projets d’amélioration des politiques publiques en Mongolie et pourra également être diffusée auprès d’autres acteurs de la coopération internationale mobilisés dans des actions similaires dans d’autres pays du monde.

Impliquée depuis 20 ans dans le pays, Santé Sud a fortement contribué à la réduction de ce taux de mortalité maternelle et infantile. Dans la région de l’Arkhangaï, les données épidémiologiques et statistiques révèlent que la mortalité néonatale a été réduite de 39 %. Le projet « Bien-naître en Arkhangaï » développé par Santé Sud, avec le soutien de la Fondation Sanofi, et en partenariat avec la DRS, est un projet phare pour la région.

Depuis deux décennies, des efforts importants ont été réalisés en Mongolie afin de diminuer la mortalité maternelle et infantile. Le taux de mortalité infantile à la naissance est passé de 97,2 pour 1 000 naissances en 1990 à 26,4 pour 1 000 en 2013. 80 % des décès prénataux se produisent dans les 7 jours suivant la naissance et découlent de problèmes de suivi du travail, également cause de pathologie de la naissance. Le taux de mortalité maternelle lors de l’accouchement est passé de 130 à 50,8 pour 100 000 naissances vivantes sur la même période. Ces résultats ont pu être obtenus grâce à la mise en place de programmes nationaux et de programmes de solidarité internationale visant notamment le renforcement de la qualité des services de soins en Mongolie.

Toutefois si la réduction de ces taux est encourageante, ils restent élevés. Des mortalités de mères et d’enfants seraient évitables si le métier et les compétences des sages-femmes étaient renforcés et mieux articulés à celles des gynécologues obstétriciens. Les maternités d’Oulan Bator réalisent entre 8000 et 16 000 accouchements par an. Face à l’afflux de naissances, les gynécologues obstétriciens ont besoin d’être appuyés plus fortement par leur collaboratrices sages-femmes. L’enjeu étant de parvenir à un suivi des mères attentif et régulier, avant, pendant et après l’accouchement.

Objectifs du projet

Le projet est prévu sur une durée de 2 ans (du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017)

L’objectif global auquel contribue le projet est de réduire la mortalité maternelle et infantile et les pathologies à la naissance.

Son objectif spécifique est de renforcer les compétences des sages-femmes en Mongolie.

Pour atteindre cet objectif, trois résultats à atteindre ont été identifiés :

  • Résultat 1 : Le cadre de référence de la profession de sage-femme est amélioré selon une démarche pluri acteurs
  • Le groupe de travail pluri acteurs, instance clé de la conduite du projet, sous l’égide du ministère de la Santé et du Sport, se réunira pour produire un référentiel de métier, de compétences et de formation validé par le cabinet du ministère de la Santé. Des amendements au cadre légal de la profession de sage-femme, conformément aux normes juridiques mongoles, seront formulés.

  • Résultat 2 : Les sages-femmes sont renforcées de façon globale dans leurs compétences et leur image
  • Le groupe de travail pluri acteurs, instance clé de la conduite du projet, sous l’égide du ministère de la Santé et du Sport, se réunira pour produire un référentiel de métier, de compétences et de formation validé par le cabinet du ministère de la Santé. Des amendements au cadre légal de la profession de sage-femme, conformément aux normes juridiques mongoles, seront formulés.

  • Résultat 3 : Des mécanismes de concertation et de collaboration sont mis en place entre pouvoirs publics et société civile
  • Les sages-femmes disposeront d’une association nationale renforcée, en capacité de les rassembler dans un dialogue collectif, et d’assurer l’interface avec les pouvoirs publics. A la fin du projet, le groupe de travail pluri acteurs aura expérimenté une méthodologie d’amélioration des politiques publique et du cadre de profession de sage-femme efficace. Les résultats produits par le projet seront largement communiqués.